In the end we only regret

Il m'impressionne. Depuis toujours. Je n'arrive pas à lui adresser la parole en vrai (sauf quand il m'interpelle, et encore...) ni même à le regarder. Le regarder et lui sourire, ça devrait pourtant être simple, je fais ça avec tout le monde. Mais lui, je me dégonfle. J'essaye toujours de m'asseoir ou me placer dans le choeur de sorte à ce qu'il me voie, mais dès qu'il lève les yeux vers moi, je détourne le regard. De quoi ai-je peur ? De son sourire ? De son amitié ? Que peut-il m'arriver de grave si j'échange des regards et des sourires avec lui ? Rien, que du positif. Et pourtant, je me comporte comme une pauvre chose apeurée.

D'autant qu'il me touche énormément et ce depuis toujours. Je me souviens des débuts, quand je lui ai écrit à la mort d'Alyson. Je l'avais même encouragé à rejoindre le CPL, il n'avait pas voulu. Mais il est finalement venu pendant mon année de césure, le week-end avant mon départ au Québec. Je suis heureuse qu'il ait rejoint le choeur, même si je ne le connais pas vraiment. J'aime le regarder chanter, il vit ce qu'il chante et c'est beau. Mais ce que je préfère, c'est le regarder nous écouter chanter sur Dancing on my own ... J'en ai des frissons à chaque fois tellement il nous écoute avec attention, bienveillance, fierté ; il transpire l'émotion et je trouve ça beau.

Je l'aime beaucoup, mais j'ai peur de faire ... peur de faire quoi d'ailleurs ? Peur de le décevoir ? Ma bonne vieille hantise ... Mais ça dure depuis trop longtemps, d'autant qu'il m'a tendu des perches que je n'ai saisies qu'à moitié car il m'impressionne de trop. J'ai peur qu'il pense que je le snobe et je crois que je suis froide quand je répond à ses sollicitations, mais c'est loin d'être de la froideur, c'est juste que je ne suis pas à l'aise à l'oral et je ne pense pas du tout être à la hauteur quand je lui parle. Raaaaaah, je déteste ma timidité !!!

Sans compter que plusieurs choses nous rapprochent. De tristes choses, certes, mais j'ai de la compassion pour lui, dans le véritable sens du terme. J'aimerais partager des choses avec lui, oser franchir cette barrière invisible que je ne maîtrise plus et que je ne comprends plus. Et pourtant, c'est moi qui l'ai instaurée. Foutu timidité de merde !

Pourtant, maintenant j'habite avec Lise et Marie, deux de ses supers amies, et je n'arrive pas à m'intégrer au groupe. Il y a deux barrières : Aurélie, Alex, Clémence et Julie (même s'ils m'affirment que non, ils tournent en dérision le fait que "Tu fais partie du clan maintenant" ou "Tu es passée du côté obscur" ... mais c'est débile ! Ca m'énerve ! Il n'y a pas de côté obscur ! Simplement qu'on ne les connaît pas, qu'ils restent entre eux, mais jusqu'à preuve du contraire, nous aussi on reste entre nous et on est bien moins sociables qu'eux !) Et l'autre barrière (et pas des moindres) c'est bien sûr ma timidité et mon malaise en société. J'aimerais vraiment m'intégrer parce que je sais que c'est des gens bien, mais ces freins m'en empêchent encore.

Je donnerais cher pour aller à Alès cet été et faire vraiment partie de la bande... Mais on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et il va falloir que je me débrouille autrement pour oser prendre ma place. Les Fous auraient accéléré le processus, c'est sûr. Mais je ne peux pas me plaindre, j'ai trouvé le stage de mes rêves et c'est à moi de faire les premiers pas.

Prochaine étape : lui sourire au moins une fois samedi. J'aimerais tellement oser discuter avec lui, même sous un prétexte bidon ! Lui montrer que je l'aime bien et que j'ai envie d'aller vers lui. "In the end, we only regret the chances we didn't take." J'espère saisir enfin ma chance, même timidement. Verdict samedi soir !